Sunday, February 25, 2007

ERMITES DU CANADA


PLANTES SAUVAGES ET LA SURVIE DANS LA FORET CANADIENNE

Il s’agit de trouver des aliments à la fois riches en énergie et en protéines contenant tous les acides aminés essentiels. Peu de plantes sauvages possèdent cette double qualité et la personnes qui peut récolter en abondance des noisettes, des faînes ou des noix de caryer doit se compter chanceuse, à moins de dévaliser les nids et les cachettes des écureuils. Ces trois fruits comptent respectivement 12,6 – 19,4 et 13,2% de protéines et une valeur énergétique particulièrement élevée. Plus petite mais plus abondantes, plus fréquentes et disponibles tout l’été, les graines d'érables contiennent aussi beaucoup de protéines. Les racines, les rhizomes et les tubercules riches en amidon des quenouilles, des nénuphars (Nuphar), des sagittaires latifoliée et cunéaire (Sagittaria Iatifolia et cuneata) et de l'apios d'Amérique (Apios amercana) semblent autant d'aliments à rechercher pour leur valeur énergétique. On peut aussi compter sur les minuscules tubercules de la claytonie de caroline et même sur les rhizomes des salsepareilles fibreux, très aromatiques mais riches en amidon. La récolte intensive de ces rizomes et tubercules risque cependant de mettre en danger la survie de ces plantes et, à moins d'urgence, on doit éviter de les cueillir. En saison, les fruits sont également une excellente source d'énergie.

En cas de détresse (famine, personnes égarées, etc.) certaines plantes donnent des farines nourrissantes mais pas nécessairement appétissantes. Plusieurs lichens des genres Gyrophora et Umbilicaria (tripe de roche), la cétraire d'islande (Cetraria islandica) et les cladonies (Cladina : lichens ou mousses des caribous) doivent d'abord mijoter dans de l'eau additionnée de soda (si possible) pour perdre leur amertume et leurs propriétés purgatives ; bouillis dans une seconde eau, ces lichens donneraient une gelée ressemblant à du blanc-manger ou une soupe épaisse et mucilagineuse; séchés, réduits en poudre et mêlés à de la farine ordinaire, ils feraient du pain. Valnet (1972) rapporte que la cétraire d'islande renferme 70% d'une substance voisine de l'amidon (la lichénine), un acide gras, un principe amer, une substance antibiotique (l'acide usnique) et des sucres. En général, la croissance des lichens semble s'effectuer très lentement et il vaut mieux, en temps normal, éviter de les utiliser afin de ne pas nuire à leur propagation. L'écorce interne (canbium) de certains arbres, tels les érables, les bouleaux, le hêtre, les pins, sapins, les pruches et les épinettes, surtout au printemps ou au début de l'été donne aussi une farine ; certains peuples en mettaient à sécher durant l'été en prévision des durs hivers: choisir de gros arbres, peler l'écorce par lanières, enlever l'écorce externe dure, laisser sécher l'écorce interne, la réchauffer à feu doux pour la rendre friable au moment de la moudre, et s'en servir comme une farine ordinaire.

Toujours en cas de détresse, en plus des plantes mentionnées dans ce volume, on peut aussi utiliser telle quelle l'écorce interne des conifères, des saules, des peupliers, des aulnes, du tilleul, des bouleaux et des érables de même que les jeunes rameaux des conifères malgré leur goût très marqué, les bourgeons et les très jeunes feuilles des aulnes, des tilleuls, des hêtres. En temps normal, éviter l'utilisation de l'écorce interne: elle endommage l'arbre, le tuant parfois, surtout si le prélèvement affecte la circonférence au complet plutôt qu'une bande longitudinale. Riche en glucides, la gomme de sapin contenue dans les vésicules de l'écorce a sauvé la vie à bien des aventuriers.

Somme toute, survivre en ne mangeant que des plantes sauvages est possible, à condition de suivre quelques règles de base et en y consacrant beaucoup de temps et d'énergie.

FLEURBEC.

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