Saturday, September 14, 2024

La dégradation de la monnaie

L’épouse de Jupiter, Junon, était surnommée " Moneta ". A Rome, c’était dans son temple que l’on frappait la monnaie.

L’anthropologue Daniel de Coppet (1933-2002) a souligné que la monnaie était au sommet de la hiérarchie des valeurs chez les ‘Aré’aré, un peuple mélanésien :

" Pour les ‘Aré’aré, la monnaie est liée au degré supérieur de civilisation. […] La monnaie préside à l’instauration d’un état supérieur de la société. […] Ainsi se dresse-t-elle comme autorité supérieure au plus haut de l’échelle des êtres, au sommet des relations socio-cosmiques, au niveau du tout de la société […] Chacun des mouvements de la monnaie actualise et renforce l’autorité des ancêtres, hommes et femmes qui, avec le concours des vivants, veillent à la pérennité des relations socio-cosmiques, c’est-à-dire à la relance de la société dans son accord avec le cosmos. "

Le symbolisme de la pièce de monnaie de l’ancienne Chine, ronde et percée d’un carré en son milieu, est expliqué par René Guénon :

" Entre le contour circulaire et le vide médian carré, où s’inscrivent les caractères, correspond évidemment au Cosmos, où se situent les " dix mille êtres ", et le fait qu’elle est comprise entre deux vides exprime symboliquement que ce qui n’est pas entre le Ciel et la Terre est par là même en dehors de la manifestation. Cependant, il y a un point sur lequel la figure peut paraître inexacte, et qui correspond d’ailleurs à un défaut nécessairement inhérent à toute représentation sensible : si l’on ne prenait garde qu’aux positions respectives apparente du Ciel et de la Terre, ou plutôt de ce qui les figure, il pourrait sembler que le Ciel soit à l’extérieur et la Terre à l’intérieur ; mais c’est que, là encore, il ne faut pas oublier de faire l’application de l’analogie en sens inverse : en réalité, à tous les points de vue, l’"intériorité" appartient au Ciel et l’"extériorité" à la Terre. Du reste, même à prendre simplement la figure telle qu’elle est, on voit que, par rapport au Cosmos, le Ciel et la Terre, par là même qu’ils en sont les extrêmes limites, n’ont véritablement qu’une seule face, et que cette face est intérieure pour le Ciel et extérieure pour la Terre ; si l’on voulait considérer leur autre face, il faudrait dire que celle-ci ne peut exister que par rapport au principe commun en lequel ils s’unifient, et où disparaît toute distinction de l’intérieur et de l’extérieur, comme toute opposition et même tout complémentarisme, pour ne laisser subsister que la "Grande Unité". "

Au cours des siècles, une puissante machination a altéré la valeur symbolique et qualitative des monnaies.

De nos jours, l’"influence spirituelle", véhiculée par les symboles figurant sur les monnaies des civilisations traditionnelles, est inversée. La monnaie électronique transmet à tous les marques de la contre-initiation en code binaire. Une hiérarchie occulte, qui a usurpé le droit de frapper la monnaie, détient en réalité le pouvoir mondial. Les argentiers de cette hiérarchie malfaisante planifient l’asservissement des travailleurs et la destruction de la nature. Ils ont créé l’économie virtuelle et la spéculation mondiale qui ont abouti à la crise que nous traversons actuellement. Cette crise n’est pas accidentelle. Les financiers ne sont pas des boursicoteurs stupides...

"Si comme la grande majorité des gens vous dites : " moi, je ne comprend rien aux problèmes monétaires " le stratagème machiavélique de l’établissement financier et économique a réussi à maintenir un voile sur nos yeux grâce à une théorie complexe, truffée de concepts erronés, et interdisant toute interprétation réelle des problèmes monétaires et économiques.

En réalité ce sont les peuples qui produisent tous les biens et services mis sur le marché, or sans ces biens et services la monnaie n’aurait aucune raison d’être, donc aucune valeur. Ce sont donc les peuples qui font la valeur de la monnaie. Celle-ci n’apparaît pas spontanément dans la nature, comme les biens et services elle est création de l’homme. Le droit à la création de la monnaie appartient donc aux peuples puisqu’ils en font la valeur.

Pourtant ce droit de création monétaire a été retiré aux peuples pour être confié aux banques auprès desquelles ils doivent s’endetter pour disposer de la monnaie nécessaire à l’échange de leur propre travail et production. Ainsi l’humanité est assise sur une montagne de dettes artificielles dont les conséquences sont dramatiques : diminution générale du pouvoir d’achat, extension de la pauvreté, et misère absolue pour une majeure partie de la population terrestre
."




L'ascèse bouddhique, une histoire ancienne, très ancienne...




Friday, September 13, 2024

Mourir en bonne santé



« Mourir en bonne santé c'est le vœu le plus cher de tout bon vivant bien portant. »
Pierre Dac



J'ai été et je suis encore, je crois, un homme vigoureux avec, mes amis me le disent tous, une grande capacité de résistance et beaucoup d 'énergie. La guerre me l'a à moi-même prouvé et écrivant Au Nom de tous les Miens, revivant les épisodes tragiques et violents que j'avais traversés, je m'étonnais moi-même d'avoir eu assez de force pour survivre. Mes parents m'avaient légué un magnifique « capital-santé » et mon père, les traditions de mon peuple qui m'avaient donné un « capital-énergie psychique ». Chacun de nous possède cet héritage plus ou moins important mais que trop souvent on gaspille. 
Après la guerre, quand j'ai rejoint les États-Unis, j'ai dû à nouveau me lancer dans de dures batailles que j'ai racontées aussi. Ici je veux dire que j'ai senti jour après jour que ma santé, mon énergie psychique s'épuisaient. Je vivais mal dans la grande ville agitée et comme c'est souvent le cas, pour résister à la fatigue, à l'usure nerveuse, je mangeais trop, je buvais trop, sans même réfléchir à ce que j'avalais. Je choisissais les plats les plus épicés, les viandes les plus rouges. J'avais besoin, imaginais-je, d'énergie, de force. Alors les digestions étaient lourdes. Je buvais des excitants pour me réveiller : alcool, café.

Un jour, quand j'ai connu ma femme, j'ai pris conscience de ce gaspillage que j'étais en train d'accomplir. Gaspillage irrémédiable puisque c'était celui de ma santé. Ma femme, elle aussi, était prise dans le même engrenage : vie trop rapide, ville trop dure, repas hâtivement avalés et le travail immédiatement après, nourriture choisie parce que nous croyions qu'elle nous apportait des calories que nous brûlions dans notre course. Quand nous nous sommes connus nous étions l'un et l'autre à ce moment où les jeux se décident. Nous avons eu de la chance. Je suis entré en clinique. J'ai commencé sous surveillance médicale un jeûne de trente-huit jours et j'ai maigri de 17 kilos. Ma femme a, elle aussi, suivi ce même régime. Et, alors que nous ne réussissions pas à avoir d'enfants, elle s'est trouvée rapidement enceinte.

Plus tard, dans ma maison, j'ai vécu avec la préoccupation de donner aux miens un « capital-santé-énergie-psychique » qui serait le plus beau des héritages. J'ai alors beaucoup réfléchi aux problèmes de l'alimentation de l'homme. J'ai lu les ouvrages de l'école hygiéniste américaine du Dr Herbert McGolphin Shelton et je me suis décidé à appliquer une stricte discipline alimentaire. J'ai compris que ce qui compte, ce sont les COMBINAISONS d'aliments au cours d'un repas. J'ai compris que la plupart des maladies sont moins provoquées par des microbes que par les toxines qui sont dans notre corps. Et ces toxines sont souvent le résultat d'une très mauvaise alimentation. Par la suite, après mon drame, j'ai été contraint de partiellement abandonner cette règle de vie.

Je ne veux pas la défendre ici. Elle est trop stricte pour vous — pour moi maintenant — parce que vous travaillez et vivez dans la ville, qu'il est difficile d'adopter un régime parfait auquel je crois, mais dont je sais qu'il est très malaisé de l'appliquer pour des raisons pratiques, financières et sociales. […]

J'ai voulu que vous sachiez que j'ai éprouvé dans ma chair, expérimenté, la suralimentation et le jeûne, que je sais la satisfaction que donne un bon repas, un alcool qui réchauffe. Tout cela paraît procurer la gaieté mais je connais aussi l'agilité de l'esprit, la légèreté, le sentiment de puissance intellectuelle et d'énergie qu'apporte une alimentation contrôlée, la purification de soi que représente un jeûne.

J'ai choisi entre la satisfaction d'une alimentation selon mon goût, selon l'humeur ou la mode et le plaisir vrai, profond, durable d'une alimentation réfléchie. J'en ai tiré profit. Je voudrais que vous partagiez cette expérience. Je voudrais réussir à vous convaincre ou à confirmer vos choix. […]

LE PREMIER PRINCIPE à appliquer est simple en apparence : NE JAMAIS MANGER QUE SI ON A VRAIMENT FAIM. Simple, pensez-vous. Mais réfléchissez : laissez-vous la faim vous prendre, ne consommez-vous des aliments que si elle est présente en vous, joyeuse de savoir qu'elle va être satisfaite ? Le plus souvent, il vous suffit de vous observer, de regarder autour de vous, pour découvrir que manger ne résulte pas seulement de la faim mais de l'habitude, du plaisir qu'il y a à consommer des aliments qui sont préparés, présentés pour exciter votre appétit.

Or, l'appétit n'est pas la faim. La faim — j'en ai connu d'extrêmes — c'est le vrai désir, le vrai besoin. C'est, en soi, une sorte de joie qui est présente dans le corps, une joie naturelle qui sait qu'elle va être satisfaite. L'appétit ce n'est que la bouche satisfaite. Écoutez-moi : je ne veux pas que vous vous disiez : « Mais à quoi bon vivre si peu à peu nos plaisirs disparaissent, s'il faut se refuser le plaisir de l'appétit, de la dégustation d'un mets de qualité. La vie n'est pas faite que de ce qui est seulement nécessaire. Le plaisir, celui de manger, cela compte dans une existence. »

Vous avez raison de penser cela. Il faut simplement que vous ayez conscience que vous devez établir un contrôle sur votre alimentation. N'oubliez pas que dans notre monde tout est tourné vers la vente. On cherche à aiguiser votre appétit, votre soif. On fait naître vos besoins, parfois de faux besoins, pour vous transformer en consommateurs, en acheteurs réguliers.

Ne vous laissez pas transformer en « machine consommatrice ». Ne soyez pas de simples appendices d'une chaîne qui vend et qui ne se préoccupe pas de savoir si ce qu'elle vous force à consommer est bon pour vous.

Prenez du plaisir Mais sachez où est le vrai, le profond, le durable plaisir. Il est dans la simplicité, dans la vérité des aliments. Dans leur combinaison, car notre estomac est comme une usine chimique et certaines associations d'aliments provoquent des réactions favorables ou défavorables à l'organisme. Quel est celui d'entre vous qui sait — et quel médecin le lui a dit ? — qu'associer les féculents et les protéines dans le même repas provoque des toxiques et rend difficile la digestion ?

Ceci dit, sachez vous donner des fêtes, régulièrement, mais ne devenez pas des esclaves d'habitudes alimentaires qui vous sont néfastes. Or, selon les derniers avis médicaux, l'homme occidental mange — quantitativement — de trois à cinq fois plus qu'il n'a besoin. Son corps est surchargé en poids, en calories. Ce corps est transformé en usine d'élimination. Il y a des surplus, des déchets qui peu à peu s'accumulent dans lês artères, qui deviennent des graisses sur le corps et dans le sang.

Comment s'étonner alors de ces nouvelles maladies qui durcissent les artères, qui provoquent des tensions trop élevées ? L'homme soumis à une civilisation brutale qui le force à accélérer les rythmes de sa vie, « consomme », charge de calories sa machine, s'alourdit, cherche dans les plaisirs de la table la fuite et de bien faciles satisfactions.

Car vous savez bien que souvent l'angoisse et l'inquiétude vous poussent à consommer. Manger, boire, être avide : c'est notre façon d'échapper à ce qui nous tourmente. Et cela exprime trop souvent notre « grande peur de manquer », cette terreur qui vient peut-être du fond des âges ; alors nous mangeons. Alors nous croyons avoir faim et ce n'est que de l'appétit. Nous imaginons que la soif nous tenaille et ce n'est que notre habitude de boire un « apéritif ». Combien de mes amis, sans raison aucune, dès qu'ils trouvent un prétexte, se servent une boisson, veulent que, en acceptant de boire avec eux, on leur donne une occasion de boire encore. On parle des drogues dures et on a raison, mais combien d'entre nous qui se « droguent » sans même le savoir : cigarettes, boissons alcoolisées régulièrement consommées et aussi pilules de toutes sortes : somnifères, tranquillisants, aspirine !

Je veux vous aider à retrouver votre équilibre. Et, au fond de vous-même, vous savez bien que vous le pouvez. Il ne faut pas que vous cédiez à la pression des autres, des habitudes. Il faut que vous vous repreniez en main et que vous ayez conscience que votre vie se joue aussi à la façon dont vous mangez. A la manière dont vous associez les aliments dans un même repas. Car vous ne pouvez mêler dans votre estomac, l'eau et le feu.

Ne dites pas : cela est ridicule.

Ne dites pas : mais alors .1a vie n'est plus qu'une suite de continuelles attentions, il faut veiller à chaque instant de son existence, où est le plaisir de vivre ?

Ne dites pas : je préfère faire ce que je désire et tant pis pour les risques.

Réfléchissez. Il faut que vous réussissiez à ajouter de la « vie aux années » et non pas des « années à la vie » comme le disait le Dr Alexis Carrel. Et cela vaut que vous preniez des attentions, que vous soyez conscient des risques que vous courez quand, de façon régulière, vous faites des excès alimentaires. Il faut, c'est le DEUXIEME PRINCIPE, que vous vous leviez de table sans avoir cette impression d'étouffement satisfait que donne le repas surabondant. IL NE FAUT PAS QUE VOUS MANGIEZ A SATIETE, jusqu'à cette lourdeur que certains appellent le plaisir des bons repas et qui est si néfaste pour la santé. Il faut, TROISIEME PRINCIPE, que LE REPAS ne soit pas un moment sans importance, il FAUT QUE VOUS LE PRENIEZ DANS LE CALME. Mieux vaut parfois ne pas manger qu'avaler trop vite des aliments incertains. Il faut, QUATRIEME PRINCIPE, que LA DIGESTION qui exige une immense dépense d'énergie nerveuse SOIT ENTOUREE DE REPOS. Il faut que vous sachiez, CINQUIEME PRINCIPE, SAUTER UN REPAS si vous avez mangé abondamment au repas précédent. Il faut, SIXIEME PRINCIPE, que vous n'oubliiez jamais que l'homme a besoin de FRUITS et de LEGUMES VERTS et, si vous le pouvez, commencez votre journée par une consommation de fruits.


Martin Gray, Les forces de la vie.

Tuesday, September 10, 2024

Le scandale du DSM


La dictature soviétique envoyait les dissidents dans les hôpitaux psychiatriques. Le totalitarisme marchand va plus loin, il enferme une grande partie de la population dans une camisole chimique.

La nouvelle édition du DSM ("Diagnostic and statistical manuel of mental disorders"), la Bible de la psychiatrie, la référence unique et mondiale en matière de pathologies mentales depuis les années 1980, a considérablement augmenté la liste des maladies psychiatriques.
Avec la complicité de l'Association des psychiatres américains, qui a établi le DSM 5, les laboratoires vendent impunément de dangereux psychotropes à un nombre considérable de faux malades.

« En trente ans, le nombre de maladies mentales répertoriées dans le DSM a été multiplié par presque trois (moins de 150 dans le DSM III à 400 prévues dans le DSM V)", dénonce le docteur Patrick Landman, psychanalyste et psychiatre, président de l'initiative Stop DSM. "Cette augmentation vertigineuse n'est liée ni à des progrès dans la connaissance scientifique ni à une aggravation des conditions de vie qui pourraient expliquer la survenue de nouveaux troubles mentaux, mais à la méthode du DSM qui induit une pathologisation extensive des comportements et des émotions humaines avec pour conséquences des pratiques de sur-diagnostic, de surmédicalisation et de sur-prescription. »

« Le champ de la normalité se réduit et nous devenons tous des consommateurs de psychotropes, voire des fous, potentiels », s'indigne Patrick Landman qui s'attaque au DSM, soi-disant paroles d’Évangile, dans son livre « Tristesse business - Le scandale du DSM 5 » :

« La nouvelle édition de cette bible médicale, en plus des 421 troubles mentaux déjà répertoriés, intègre 200 nouvelles maladies psychiques et modifie leur appréhension médicale. En 10 chapitres, cet ouvrage dénonce les effets pervers et les absurdités du DSM :

Collusion entre la communauté scientifique et l'industrie pharmaceutique. Pression des laboratoires pharmaceutiques à visées financières. Risques de précarisation des malades. Médicamentation à outrance et dangerosité pour le patient. Exclusion des fondements de la psychologie. 

- Sur les 175 rédacteurs du DSM 95 ont des liens financiers avec l'industrie pharmaceutique. 

- Depuis Le DSM IV, 15 jours de symptômes de l'état dépressif suffisent pour une prescription de psychotrope. Auparavant les délais étaient de 2 mois. - Avec le DSM V, 45 millions d'Américains seront atteints de troubles mentaux, le nombre d'enfants bipolaires sera multiplié par 40, les cas d'autisme par 20. 

- En France, la sécurité sociale, les caisses d'allocations se basent sur le DSM pour établir les droits des malades. L'évolution des catégories entraînera la perte de ressources pour certains. 

- Sous couvert d'hyperactivité, de nombreux enfants ont été médicalisé aux amphétamines. 

- La plupart des étudiants en médecine n'auront pas d'autre approche de la psychologie que ce manuel. »

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La dernière édition, DSM-5-TR, a été publiée en 2022.